Géographie

La Mongolie est un grand plateau d’une altitude moyenne de 1580m  traversé par de grandes chaînes de montagnes culminant à 4650m, entourée par la Chine et la Russie.

Sa superficie ( 1 566 500 km2 ) en fait le 7me plus grand pays d’Asie, le 18me dans le monde.


Elle peut être divisée en 6 zones géographiques, trois chaînes montagneuses, la région des grands lacs, la grande steppe et le désert de Gobi.

 

 


 

 

Les montagnes


A l’ouest, les monts Altaï , les plus hauts , qui résultent de la rencontre de la plaque indienne avec la plaque asiatique. Cette dynamique tectonique, toujours en mouvement fait que l’Altaï poursuit sa croissance de nos jours.

Au centre, le massif de Khangaï qui culmine à 3900m, couvert de grandes forêts entrecoupé de pâturages de types alpin. C’est là que de nombreuses rivières prennent leur source.

- Au nord-est d’Ulaanbaatar , le massif de Khentii, terre natale de Chingis khan  et de la rivière qui traverse la capitale.

C’est là que se donnent rendez-vous les habitants d’Ulaan baatar pour se retrouver en famille le week-end dans les camps de gers aménagés en bordure de forêt. Là ils peuvent préparer et partager le repas traditionnel qui se termine invariablement par des chants évoquant les grandes chevauchées solitaires à travers la steppe immense….

 

La région des grands lacs

Dans " le pays des mille lacs" (3500 lacs d’eau douce ou salée sur tout le territoire) il y a 4 grands lacs. Le plus spectaculaire est sans hésitation le lac Khövsgöl, véritable paysage de carte postale, un immense lac bleu de 130 km de long et de 30 km de large, à l’eau cristalline, surplombé par de majestueuses  montagnes, bordé des forêts de conifères de la taïga, refuge de nombreux gros mammifères. ‘La perle bleue de Mongolie’ étant très poissonneuse, c’est une des rares régions de Mongolie où on mange du poisson.

 

La grande steppe

C’est une vaste étendue de  pâturages, des maigres pâturages ventés à perte de vue C’est le domaine des nomades, avec leurs gers isolées au milieu de nulle part, des troupeaux se déplaçant à leur gré . C’est aussi une région possédant une très grande biodiversité.

 

Le désert de Gobi

C’est une vaste zone au climat extrême, couvrant près de 30% du territoire mongol. On l’imagine souvent comme une grande étendue de sable. En réalité le désert de sable et les grandes dunes n’occupent qu’1/3 de sa surface. La majeure partie de ce territoire est un pays de steppes dans lequel habitent de nombreux éleveurs de chameaux de Bactriane ( à 2 bosses ) , des chevaux, des ânes, ainsi que des mouflons, des bouquetins…. Et même des léopards.

Ce désert provient d‘une ancienne mer intérieure, desséchée, érodée, fournissant aux paléontologues de magnifiques spécimens de fossiles de dinosaures.

 

La protection de la nature en Mongolie remonte à plusieurs siècles. 10% du territoire sont en zone protégée : zones  strictement protégées, parcs nationaux, réserves naturelles, monuments naturels et historiques. De plus la Mongolie est un pays relativement peu peuplé et qui ne possède que très peu d'industrie. Le pays possède la faune et la flore parmi  les plus variées du monde : 4000 variétés de plantes, 140 de mammifères, 415 d'oiseaux, 10 d'amphibiens, 22 de reptiles, plus de 80 variétés de poissons (dont leTaïmen, le plus gros salmonidé du monde qui peut mesurer jusqu'à 2 m et peser 80 kg ), 15000espèces d'insectes.....

 

Climat

La Mongolie a un climat continental , avec des hivers longs, secs , très froids et des étés courts et chauds.

Située dans une zone de hautes pressions, son beau ciel bleu est sans nuage en moyenne 260 jours par an. Les précipitations varient du nord ( de 200 à 350mm par an ) au sud ( de 100 à 200mm par an). S’il peut pleuvoir dans le sud, particulièrement en été, les précipitations sont inexistantes dans le désert de Gobi qui occupe l’extrême sud du pays.


L’hiver mongol est redoutable. La température est en dessous de zéro de novembre à mars, les –20° sont fréquents en janvier et février, jusqu’à –40° la nuit, ce qui rend la vie des nomades et de leurs troupeaux particulièrement difficile. Tous les fleuves, tous les lacs d’eau douce sont gelés, certains jusqu’au fond. Ces hivers très froids font que la moitié du pays est couverte de permafrost, ce sol perpétuellement gelé en profondeur qui rend difficile la construction de bâtiments et de routes mais…….pas de panique ! Les mongols connaissent par cœur les pistes qui permettent de se déplacer sans risque à travers ce grand pays.

Au printemps, les tempêtes de sable ne sont pas rares.

L’été, si la température peut atteindre 33° dans Oulan-Bator et jusqu’à 38 dans le sud du désert de Gobi, elle est très agréable en campagne, idéale pour voyager.





 

Population

Aujourd’hui la Mongolie compte presque 3 millions d’habitants dont environ 1/3 dans les

zones rurales où ils se consacrent à l’élevage traditionnel ( chevaux,vaches, yacks, chèvres,moutons, chameaux ,rennes ) et pour certains à la production agricole.
C’est une population très jeune puisque les 2/3 des mongols de Mongolie ont moins de 30 ans.
Construite sur les rives de la rivière Tuul ,  la capitale, Oulan-Bator , a 800 000 habitants . Sa population a fortement augmenté ces dernières années avec l’arrivée d’anciens nomades qui, ayant tout perdu à la suite de plusieurs "dzud" consécutifs ( été très sec suivi d’un hiver très rigoureux, troupeaux morts
de froid et de faim), sont venus tenter leur chance à la capitale.

Cette population se compose de très nombreux groupes ethniques , des groupes mongols et
quelques groupes d’origine turque comme les Tsataans, le peuple des tipi et des éleveurs de
rennes. Le groupe mongol Khalkha représente à lui seul 80% des mongols de Mongolie.

Organisation administrative:

Ce grand pays est divisé en 21 provinces (les aimag), plus Oulan Bator.

Chaque aimag possède un centre. Il est divisé en soums qui possèdent chacun un centre et sont à leur tour divisés en bag, petits villages deger ( yourte), temporaires ou fixes.

Les sédentaires vivent dans les centres et en hiver les familles nomades s'installent avec leurs troupeaux à la périphérie des centres d'aimag ou de soum.

En dehors des centres, tout le territoire, qui appartient à l'état, est mis à la disposition des éleveurs nomades.

 

Tradition

LA MONGOLIE, TERRE DE TRADITIONS


La vie à la campagne


Si en ville les mongols sont vêtus à l’européenne et vivent majoritairement dans des appartements confortables, il en va différemment en campagne. En dehors des villages, l’habitation est la yourte.

C’est l’abri des nomades de l’Asie centrale depuis des siècles. Elle est constituée de plusieurs couches de feutres entourant une armature en bois peint aux couleurs vives et recouvertes d’une coquille en coton blanc. Le feutre est un excellent isolant contre les rigueurs hivernales , le vent, la chaleur de l’été. Une couche de plus, une couche de moins et le tour est joué . Les nomades fabriquent eux-même le feutre à partir de laine de mouton mouillée puis comprimée. Son unique porte dirigée vers le sud, elle est simplement posée sur le sol, ce qui permet de l’installer sur tous les types de terrain. Son montage prend 1 à 2 heures suivant sa dimension. A l’intérieur de la yourte, la vie de toute la famille s’organise autour du poêle central dans le respect d’un très ancien rituel auquel personne ne déroge. Le mobilier des yourtes est toujours le même : 2 à 3 lits coffres, une table basse, des tabourets, un buffet, le tout très coloré, disposés autour d’un poêle alimenté par de la bouse séchée .Face à l'entrée se trouve un petit autel constitué de quelques lampes à beurre, d'une statuette de Bouddha et de photographie du Dalaï Lama. C'est dans cette partie de la yourte que seront placés les personnes les plus respectables.


Homme et femme portent par dessus leur pantalon une longue tunique aux manches longues serrée à la taille, le deel, et des bottes fourrées aux bouts retournés ( pour ne pas " blesser la terre" en marchant ), un chapeau en feutre, indispensable pour supporter le soleil de Mongolie.Suivant les saisons le deel est en tissu léger, en drap de laine ou en peau retournée. 
Les nomades fabriquent tout ce dont ils ont besoin dans leur travail d’éleveur (cordage,harnachement...) comme le faisaient leurs parents et avant eux leurs grands parents. Pour des européens, le matériel de petit bricolage traditionnel, très ingénieux et entièrement mécanisé,est surprenant mais particulièrement efficace entre leurs mains .


La vie à la campagne se modifie petit à petit . Ainsi, si le cheval reste roi en Mongolie, beaucoup de jeunes lui préfèrent la moto pour se rendre au village ; leurs tout petits panneaux solaires leur permettent de regarder, serrés les uns contre les autres, l’image flou d’un feuilleton coréen. L’envie de s’ouvrir au monde moderne est de plus en plus visible chez les jeunes nomades qui pour suivre leur scolarité doivent s'éloigner de leur famille durant toute l'année scolaire.


La musique


Les mongols aiment chanter. Le chant a une place très importante dans leur vie et il en existe de nombreuses variantes. En voici un petit aperçu :


- Le plus surprenant est le khöömi, un chant diphonique dans lequel l’interprète, un homme( sauf quelques très rares exceptions,) produit deux sons en même temps :un premier son avec la gorge un deuxième son avec la langue qui module l’air soufflé. Ce chant symbolise les bruits de la nature ( vent, eau, oiseaux….)


- Le chant long est un chant mélancolique, avec une mélodie très longue . D’une voix puissante et majestueuse, l’interprète va chanter le plus longtemps possible sans reprendre sa respiration.Certaines mélodies sont de grands classiques du chant mongol et sont chantées depuis plusieurs siècles


- Le chant épique ( tuuli )


- Le chant court , c’est le plus utilisé dans les réunions de famille. Il chante l’amour,l’aventure..

Certains chants, transmis de génération en génération, ont une connotation chamanique,comme le magtaal, chanté lors de la fête dunaadam. Ce chant est dédié à la beauté de la nature, à la force des lutteurs, au chevauchées dans la steppes.... Il raconte sous forme chantée et versifiée tous les évènements importants de la vie nomade
Il existe également une grande variété d’instruments : luths, vielles, guimbardes, flûtes,cithares, hautbois, cornets…….La plus pratiquée est la vielle de cheval, une vielle à deux cordes en crin de cheval avec un long manche terminé par une tête de cheval sculptée. C’est l’instrument utilisé pou raccompagner les maagtals lors du naadam.
Les spectacles présentés par l’opéra d' Ulaan baatar permettent de découvrir la grande richesse de cette musique.


La religion


Les mongols, agnostiques pour beaucoup perpétuent des pratiques chamaniques particulièrement celles qui touchent au culte de la nature et du dieu "ciel éternel ".
Impossible de passer devant un ovoo ( monticule de pierres décoré d’offrandes, billets ou tissus à prière) sans en faire le tour trois fois, un pour le passé, un pour le présent, un pour le futur; ceci pour s’attirer les bonnes grâces des esprits ( trois coups de klaxons peuvent également faire l’affaire pour les plus pressés !).

Pour qu’un voyage soit sans danger, mieux vaut jeter quelques gouttes de lait de jument au vent en direction des quatre points cardinaux…….

Disparues parce-qu’interdites lors de la présence communiste , ce renouveau des pratiques chamaniques va de pair avec la remise sur le devant de scène de Genggis Khan, le héros des Mongols . Le chaman, intermédiaire entre les hommes et les esprits , est souvent consulté, particulièrement dans les campagnes, pour toutes sortes de demandes ( chance, guérison,succès …).


La Mongolie est à majorité bouddhiste ( 60% de la population). Comme toutes les religions, le bouddhisme fut violemment réprimé pendant la période du communisme ( destruction des temples, mise à mort des prêtres). Jusqu’en 1990, un seul monastère était autorisé à fonctionner. Depuis la réforme de 1990 autorisant la liberté de culte, plus de 180 monastères ( pas loin de 5000 lamas ) ont été reconstruits ou rouverts et fonctionnent comme des centres d’étude.

La danse religieuse bouddhiste, Tsam, est représentative de la culture et de la religion mongole. Accompagnes de trompettes, tambours, clairons... les danseurs déguisés ( gros masques et costumes de tissus brillants aux couleurs vives) effectuent une danse dont la chorégraphie est l'expression  certaines croyances bouddhiques.Un spectacle très impressionnant!


L’islam ( 8 à 9 % de la population est propre à la minorité kazakh).


Avec l’ouverture de la Mongolie, depuis 1990, de nombreux courants religieux ont été introduits en Mongolie , des groupes chrétiens en particulier,  mais ils  restent très peu représentées à ce jour.

Les grandes fêtes mongoles


Parmi les nombreuses fêtes traditionnelles, deux sont très importantes dans la vie des mongols, le Tsagaan Sar et le Naadam:


Le Tsagaan Sar ( le mois blanc ) correspond à la fin de l’hiver. C’est le nouvel an mongol.
Les mongols rendent visite à tous les membres de leur famille en commençant par les aînés et leur apportent des présents toujours associés au khadag, fine écharpe porte bonheur. Le cadeau sera offert en montrant tout le respect dû à celui qui le reçoit ( paume de la main gauche sous le bras droit qui tient le cadeau, au niveau du coude ) et sera pris avec les deuxmains.

La famille réunie fume du tabac à priser, mange des buudz ( sorte de gros ravioli à la viande cuit à la vapeur), boit des boisons traditionnelles ( de l’aïrag , lait de jument fermenté , de l’eau de vie ) et, bien entendu, chaque participant chantera pendant que les autres, les yeux  fermés, l’écouteront religieusement. Plus la famille est grande plus cette fête se prolonge.


Le Naadam, c’est la fête nationale :" Erïïn ,Gurvan, Naadam" sont les trois jeux des hommes.
Elle se déroule chaque année les 11 et 12 juillet Le Naadam existe depuis des centaines d’années. Il correspondait jadis à la célébration d’évènements majeurs comme les naissance , les mariages, une victoire au combat….

Depuis1922, cette fête célèbre l’indépendance de la Mongolie. Elle a lieu dans toute la Mongolie et elle est toujours beaucoup plus spectaculaire en province qu’à Oulan Bator.  Les mongols mettent à cette occasion leurs plus beaux costumes et viennent quelquefois de très loin pour y assister.

Lors de ces rencontres, trois jeux traditionnels seront pratiqués : la lutte , le tir à l’arc, la course de chevaux.
Les préparatifs commencent un à deux mois plus tôt.
En province, il n’est pas rare de voir des enfants de cinq à six ans, s’élancer sur leur cheval pour des courses de plus de dix km. Respect du cheval oblige, la longueur de la course ne dépend pas de l’âge du cavalier mais de celui du cheval. Les enfants des bergers nomades sont d’excellents cavaliers dès leur plus jeune âge et la chute est exceptionnelle.
Pour les mongols la lutte est plus qu’un sport, c’est un art. Ces lutteurs amateurs s’entraînent toute l’année pour le grand tournoi du Naadam.
En tenue traditionnelle ( culotte et gilet en satin brodé, bottes mongoles) les deux adversaires entrent sur le terrain en bombant le torse, en se frappant les pectoraux et les cuisses, et agitent les bras pour imiter le vol de l’aigle. Puis ils s’affrontent en se tenant mutuellement par le gilet ou la culotte sous l’œil averti des anciens qui veillent aux respect de règles établies il y a des siècles, à l’époque où ces combats permettaient d’apaiser les différents entre tribus. Celui qui fait tomber son adversaire remporte le combat et passe au suivant ( L’élimination est directe et il n’y a pas de catégories de poids ). Si le lutteur gagne ses neuf combats, il sera sacré"Lion " . Si quatre années consécutives il l’emporte, il deviendra " intouchable", un honneur immense pour lui et sa famille .

Histoire

UN PEU D'HISTOIRE

Le 2 janvier 2006, la Mongolie a célébré officiellement les 800ans du pays. Cette date correspond à la fondation de l'empire mongol avecGengis Khan comme chef suprême.

Il y a très peu d'informations vérifiables sur les premières années de la vie du héros des mongols

Né aux environs de 1155 dans une tribu nomade , près de la province  de Hentiy ( non loin d'l Oulan Bator) Temüdjin est le fils aîné du chef de clan. La quarantaine de clans existant alors est déchirée par des guérillas, divisée face aux clans rivaux. A la mort de son père, trop jeune pour devenir chef, lui et sa famille sont exclus. S'en suivent alors des années de misère totale mais son fort caractère lui permettra de reconstituer son patrimoine. Grace à son mariage (1180 ) il retrouve son statut. Les historiens le décrivent comme grand, sec, musclé, un guerrier farouche et un très habile politicien. Sa renommé grandit et de nombreux jeunes aventuriers le rejoindront.

De guerres en alliances diverses , il réussit à se faire nommer Khan et c'est en 1206 qu'il sera proclamé empereur sous le nom de Tchingis Qaghan ( = le souverain des océans  ou encore le souverain universel ) . En 1220 il installe sa capitale à Karakorum ( elle n' y restera que 40 ans ).

Très fin tacticien, il fit de nombreuses conquêtes et bâtit  ( avec ses fils )  le plus vaste empire de tous les temps , incluant la Chine , la Russie , la Perse , le Moyen orient et l'Europe de l'est.

Il va créer un état organisé avec des institutions administratives , des lois .

Il mourra en 1227 des suites d'une chute de cheval lors d'une partie de chasse. Suivant ses dernières volonté,  son corps sera ramené en Mongolie et sa dernière demeure reste secrète .

Mis à l'écart pendant la République Populaire de Mongolie , Gengis Khan redeviendra après la révolution démocratique de 1990 le père des Mongols. Son nom est partout ( aéroport , billets de banque , alcool.....) Sa statue équestre gigantesque ( 40m de haut ) est à la mesure de ce qu'il représente pour les Mongols après sa mort.