Vivre en famille en Mongolie

Différente dans le détail d'une ethnie à l'autre, la vie en famille en Mongolie est basée sur deux principes: le respect des individus qui la compose et le respect des traditions.

AÏL

C'est la famille au sens large: parents proches, éloignés, voisins. Chez les nomades, elle inclut les quelques gers qui se déplacent ensembles.

Elle est l'unité sociale des mongols et chaque fête est l'occasion de la réunir au grand complet pour en resserrer les liens. Les mongols ont beaucoup de pudeur à exprimer leur sentiments et leur attitude détachée,  n'est qu'une apparence trompeuse.

Le Mariage

A la campagne comme à la ville, l''homme mongol n'accorde que très peu d'importance à " la pureté féminine avant le mariage" mais espère avoir une épouse qui lui donnera de beaux enfants, fille ou garçon.

Si jusqu'au 19°siècle, le choix des époux était le résultat de longues tractations parentales, actuellement le choix des époux est totalement libre ( exception faite de certains Tsaatan) . Les mongols se marient tôt et le divorce est légal. Cependant ,  s'il se pratique en ville, il est très rare en campagne  et quasi inexistant chez les nomades  chez lesquels le mariage est basé sur l'affection réciproque et une grande complicité

Les enfants

En ville, les couples ont en moyenne 2 enfants, plus à la campagne, quelques fois nés avant le mariage.

Contrairement aux autres sociétés asiatiques,, garçons et filles bénéficient de la même considération

A sa naissance, le bébé est assimilé à un petit animal précieux que l'on immobilise dans ses langes. L'allaitement dure plusieurs années( souvent jusqu'à ce que l'enfant lui même ne veuille plus téter sa mère)

Sevré, le petit enfant  devient alors "une personne". Pour fêter cette étape importante de sa vie, la famille organise une grande fête, la fête des trois ans, au cours de laquelle on va lui couper les cheveux pour la première fois. Là encore, la famille entière va participer à l'évènement:

aidé par un membre de la famille, le garçonnet ou la fillette va passer d'un parent à l'autre, toujours du plus âgé au plus jeune; il donnera respectueusement les ciseaux avec lesquels chaque parent coupera une petite mèche de cheveux en échange d'un petit présent. Tous les cheveux seront remis à la mère en souvenir de son bébé avec une écharpe bleue porte bonheur ( le coiffeur finira le travail ).

C'est après le mariage et la naissance de leur premier enfant que hommes et femmes sont considérés comme de vrais adultes.. Cela donnera lieu à la deuxième fête rituelle de leur vie .

Chez les nomades, les mariages sont organisés en automne qui représente la dernière période "d'abondance" avant l'hiver.

Ce sont les grands parents ( grand-père et grand-mère) qui gardent les petits enfants

Les enfants nomades jouent avec ce qu'ils ont sous la main.   Ces jeux simples laissent une grande place à l'imagination. Fille et garçons participeront très vite aux activités de la famille, en particulier la garde des troupeaux à cheval.L'école est obligatoire de 7 à 16 ans et les petits nomades seront alors pensionnaires. Ils devront s'adapter à  une toute autre vie que celle qui fut la leur jusque là. Ils ne retrouveront leurs parents qu'aux vacances d'été, trois mois pendant lesquels ils pourront à nouveau chevaucher dans la steppe et aider la famille.

Les hommes mongols peuvent paraitre distant voir insouciants, toujours prêts à s'amuser entre hommes mais sous cette apparence se cachent des pères très impliqués dans la vie de leur famille. Ils sont très respectueux de la femme ( à laquelle une journée est consacrée le 8 mars).

Les mongols chériront leur " maman" toute leur vie.

La femme mongole a une place de choix dans la société. C'est également la tête de la famille.

En ville, son niveau d'instruction est souvent plus élevé que celui de l'homme ( il y a plus de filles à l'université que de garçons), et beaucoup d'entre elles occupent des postes importants ( doctoresses, enseignantes, administratrices...)

Dans la famille nomade, le travail et les responsabilités sont partagées

- l'homme est responsable du travail en extérieur

-la femme, avec l'aide de sa mère ou de sa belle-mère s'occupe de l'intérieur et de l'environnement immédiat ( garde des moutons et des jeunes bêtes, traite des juments, transformation du lait...)

Le troisième âge

On l'atteint plus rapidement qu'en Europe. le climat, l'alimentation carnée, la pauvreté qui rend l'accès  aux soins difficile en sont quelques raisons. Ces dernières années, des efforts importants dans le suivi sanitaire de la population mongole, les vaccinations ont permis une amélioration globale de l'espérance de vie  .

Il n'y a pas de maison de retraite en Mongolie. Ce concept va à l'encontre de l'idée que se font les mongols de la famille. Aucun mongol ne laisserait un parent âgé  entre les mains d'étrangers!!

Le décès

Jadis, la coutume consistait à confier le corps du défunt à la nature . Après les prières d’usage, au jour et à l’heure choisie par le chamane, intermédiaire entre les dieux de la nature et les hommes, « Les porteurs d’os » transportaient le mort dans la steppe. Ils le déposaient   sur un tissu vert, à même le sol, le couvrait d’un linge blanc ( symbole de pureté) pour que l’âme du défunt soit blanchie des péchés faits pendant sa vie , tenu par des cailloux.

(Seuls les seigneurs mongols étaient enterrés dans des cercueils enfermés dans des tombes en bois dont l’emplacement était gardé secret, souvent au sommet d’une montagne.)

On laissait alors la nature faire son travail. Les animaux carnassiers, en brisant les os, libéraient l’âme du défunt qui pouvait ainsi attendre au paradis des âmes de renaître dans un descendant du mort.

Au grand désespoir de certaines vieilles personnes, une loi de 1955 impose une inhumation des corps dans des cercueils.

La cérémonie funéraire coûte très cher aux familles . Elle correspond à un mélange de rites chamaniques, bouddhistes, le tout influencé par la période communiste de la Mongolie .

Le cercueil est très richement décoré . Le ciel, la terre sont symboliquement représentés par des tissus de couleur ( le vert pour la terre, le bleu pour le ciel , le blanc pour purifier l’âme). Le corps est recouvert d’un linceul rouge ( couleur symbolique du dernier adieu aux morts ).

Comme le veut la tradition, le mort ne sera pas pleuré car les pleurs retiendraient son âme sur terre .

Le cimetière est en dehors des habitations, généralement au pied d’une montagne. Toutes les sépultures sont orientées nord-sud .Le mort gardera dans sa tombe les repères qu’il avait dans sa yourte : la tête au nord, les pieds au sud. Après les aspersions de lait et de grains pour souhaiter un voyage heureux au défunt dans l’au delà, une stèle précisant son identité sera cimentée au niveau de sa tête . Une yourte miniature renfermant une lampe à beurre et une photographie seront déposée sur la tombe. A la fin de la cérémonie, la photographie sera ramenée à la maison par la famille pour faire son deuil.